La Tradition des troupes
étrangères au service de la France
La tradition des troupes
étrangères au service de la France remonte à la période
féodale, où les communautés roturières rachetaient leur
service d'« arrière-ban » en consentant à des
impositions grâce auxquelles les rois constituaient des
armées à leur guise. Les hasards du recrutement leur
fournissaient alors des nobles ou des roturiers, des
Français ou des étrangers.
Philippe-Auguste employa
régulièrement des étrangers auxquels il imposa d'ailleurs
une rude discipline, compensée par des soldes très élevées
pour enlever à ces troupes tout prétexte à
pillage.
Philippe-le-Bel utilisa des
arbalétriers génois, réputés pour leur adresse; ses
successeurs employèrent des Espagnols et des
Allemands.
Mais il fallut attendre
jusqu'à Charles VII pour voir s'organiser en France une
véritable armée permanente.
En 1439, la
« Pragmatique » créa quinze « compagnies
d'ordonnance ». Sur ces quinze, deux étaient
écossaises: la compagnie écossaise des gardes du corps »
et la « compagnie des gens d'armes
écossais ».
Les unités e nationales » ne
donnant pas toujours satisfaction, pour des motifs divers,
les rois se virent obligés de recourir de plus en plus aux
mercenaires étrangers. Sous François 1er, ils formaient la
plus grande partie de l'infanterie : Suisses, Allemands,
Savoyards,
Liégois
, Piémontais. L'armée
de
Marignan
avait 16.000 étrangers sur
26.000 hommes.
Les étrangers s'infiltrèrent
peu à peu dans la cavalerie au fur et à mesure que la
cavalerie lourde cédait le pas à la cavalerie légère. En
1509, Louis XII avait 400 lances mauresques.
En 1568. On joignit à
l'infanterie suisse 6.500 cavaliers allemands, italiens ou
espagnols.
En 1635, Richelieu enrôla des
Hongrois et des Lorrains. La même année, il prit à sa
solde 16 vieux régiments allemands appartenant au duc
Bernard de Saxe-Weimar.
Louvois s'efforça de
nationaliser davantage notre armée. L'élément étranger
diminua et ne dépassa plus alors la pro portion d'un
sixième de nos contingents. Mais ses successeurs
abandonnèrent cette tendance, le nombre des étrangers
atteignait 52.000 hommes sous Louis XV.
A la veille de la Révolution,
nous trouvons dans nos rangs 41.000 étrangers sur un
effectif budgétaire de 146.000 hommes.
Une mention particulière doit
être accordée aux Suisses. Louis XI ayant recouru à leur
aide dans sa lutte contre Char les le Téméraire, voulut
éviter que ses adversaires ne se servissent pas de ces
soldats: il passa donc avec divers cantons suisses des
Capitulations qui furent renouvelées par ses successeurs
soucieux de conserver des troupes aussi expérimentées que
fidèles.
Leurs officiers étaient
suisses les troupes étalent soumises à des juridictions
militaires suisses soucieuses de conserver leur vieille
réputation.
Les effectifs suisses
varièrent : d'abord au nombre de 6.000 hommes, ils furent
portés à 20.000 sous Louis XII pour diminuer
ensuite.
Au moment de la Révolution,
l'armée française comprend 11 régiments suisses, soit
11.473 hommes, le régiment des Gardes Suisses soit 2.384
hommes, la compagnie des Cent Suisses et la compagnie de
la Garde Ordinaire de M. le Comte d'Artois, soit au total
environ 14.000 hommes.
Après une réaction initiale
opposée aux troupes étrangères, la
Révolution
dut
songer à les utiliser de
nouveau car la guerre ne lui laissait pas la possibilité
de dédaigner aucun secours.
Appelant les «hommes libres »
à déserter la cause des tyrans, elle crée le 8 janvier
1792 une « Légion Étrangère » où les engagements sont
assortis d'avantages sérieux, supérieurs à ceux offerts
aux nationaux français.
Le Directoire, à son tour,
rappelle les Suisses et passe le 15 août 1798 une
Capitulation avec leur pays.
Le Consulat agit de même et
le 27 septembre 1803, 16.000 Suisses sont pris au service
de la France.
L'
Empire
renforça les légions
composées d'étrangers et Napoléon
dut
même en venir, pour soutenir
son effort militaire, à la conscription dans les pays
occupés par les troupes françaises.
Mais ce nouveau moyen
d'enrôlement n'offrant que des résultats médiocres,
Napoléon licencia peu à peu, à partir de 1810, certains
corps étrangers, ne gardant que ceux qui paraissaient
attachés à sa fortune : Italiens. Polonais et
Suisses.
Après la chute de l'Empire,
les Bourbons licencièrent tous les étrangers, ne
conservant que les Suisses, en raison de leurs services
passés sous la Monarchie.
Le 16 décembre 1814, la
Restauration créa un régiment colonial étranger, afin
d'utiliser les Espagnols ou les Portugais qui ne pouvaient
rentrer chez eux. Trois régiments étrangers furent en
outre conservés et fournirent les 1er, 2ème et 3ème
Étrangers.
Au retour de l'île d'Elbe,
Napoléon rappela les étrangers licenciés, mais Waterloo ne
lui laissa pas le temps de les utiliser. Louis XVIII
licencia ces huit régiments et une ordonnance du 16
septembre 1815 régla la condition des étrangers qui
voulaient entrer dans un corps spécial créé pour les
recevoir: ce corps devait s'appeler « Légion royale
étrangère ». Il changea de nom en 1816 et devint
« Légion Hohenlohe », du nom de son colonel. Le
22 février 1821, cette légion devient le « régiment
Hohenlohe » qui sera licencié après la révolution de
1830. Les étrangers du régiment Hohenlohe aidèrent à
former le 2lème Régiment d'infanterie légère. Les Suisses,
violemment attaqués pendant la Restauration, furent
également licenciés et retournèrent en
Suisse.
Mais, une fois encore, les
nécessités d’ordre intérieur et extérieur firent fléchir
les principes et, le 10 mars 1831, était promulguée
l'ordonnance organisant la Légion Étrangère, dont la loi
du 9 mars avait autorisé la création.
Le statut de l'époque ne
diffère de celui actuellement en vigueur que sur les
points suivants:
– Les compagnies devaient
être constituées d'hommes de même nation ou parlant la
même langue.
– L'engagement minimum était
de 3 ans.
Quant à « l'anonymat»
légionnaire, il était dès lors prévu puisque le candidat
pouvait s'engager sans justifier de son
identité.
Le premier dépôt fut établi à
Langres puis à Bar-Le-Duc
La Légion
Étrangère
en Algérie jusqu’en
1900
Réunis à Toulon, les 6
bataillons constitués au début arrivèrent en Algérie au
mois d'août 1831.
Les légionnaires se
distinguèrent pour la première fois devant
Maison-Carrée
, près d'Alger, le 27 avril
1832. Le 24 juin 1832, la Légion recevait son premier
drapeau.
Interrompue quelques mois par
la cession de la Légion à l'Espagne, la tradition fut
bientôt reprise par la nouvelle Légion Étrangère qui, en
avril 1841, fut dédoublée en deux régiments.
L'organisation de la Légion changera par la suite bien des
fois.
En 1843, les légionnaires
s'installent dans une région alors désertique et fondent
le poste de
Sidi-bel-Abbés
qui grâce à leur travail,
deviendra bientôt une véritable ville. Ils ne quitteront
ce lieu momentanément qu'au moment de l'expédition du
Mexique.
La pacification de l'Algérie,
interrompue parles campagnes de Crimée et d'Italie, ainsi
que par celle du Mexique, se poursuivra jusqu'en 1900 et
verra la Légion Étrangère participer pratiquement à toutes
les colonnes, parcourir tous les secteurs, jusqu'à l'heure
où les limites du Sahara seront partout atteintes, où la
frontière marocaine sera jalonnée de postes solides, où
des reconnaissances auront déjà été effectuées dans le
Grand Erg Occidental ou vers les pentes de
l'Atlas.
Les combats de : Constantine
(1837) –
Djidjelii
(1839) – Miliana (1840)
–
Zaatcha
(1849) –
Ischeriden
(1857) marquent quelques
étapes de cette longue œuvre de
pacification.
La Légion
Étrangère
et les guerres
européennes
Espagne
1835-1838
Contraint par des accords
internationaux à soutenir Isabelle Il d'Espagne dans sa
lutte contre Don Carlos, le roi Louis-Philippe jugea
pratique de céder la Légion Étrangère qu'il venait de
fonder. Cette cession est en somme la dernière
manifestation de l'ancienne notion du
mercenariat.
En juillet 1835, la Légion,
rayée de l'armée française, se retrouvait en Espagne.
Jusqu'à la fin de 1838, elle s'y distingua constamment,
malgré le dénuement dans lequel le gouvernement espagnol
la laissa.
C'est à la veille de
l'expédition d'Espagne que le colonel
Bernelle
ordonna le mélange des
nationalités au sein des compagnies.
Le colonel Conrad, qui
succéda au précédent, fut tué au combat de
Barbastro
le 2 juin 1837.
Crimée
1854-1856
En juillet 1854, la Brigade
de la Légion Étrangère, formée des 1er et 2ème Régiments
Étrangers, débarqua à Gallipoli pour gagner ensuite la
Crimée. Il s'agissait, conjointement avec l'Angleterre, de
secourir les Turcs menacés par la Russie.
Les légionnaires devaient
passer deux hivers terribles, décimés par le choléra,
épuisés par les durs travaux de siège autour de
Sébastopol.
Les combats de l'Aima – 19
septembre 1854 –
d'lnkermann
, de Malakoff et la prise de
Sébastopol – 8 septembre 1855 – marquent les étapes de
cette campagne,
Le colonel
Viénot
fut tué à la tête du 1er
Régiment Étranger le 1er mai 1855.
Italie 1859
La Légion participa
brillamment à cette campagne qui devait permettre de
réaliser l'unité italienne.
Partis en mars 1859, les deux
régiments prirent une part glorieuse à la bataille de
Magenta 4 juin 1859-et le 2ème à celle de
Solférino
– 24 juin 1859.
Le colonel de
Chabrière
fut tué à Magenta à la tête
du 2ème Étranger.
Pour le cinquantenaire de
cette campagne, la ville de Milan remit une Médaille d'or
aux drapeaux des deux régiments.
La Légion
Étrangère
au Mexique
Lorsque l'empereur Napoléon
III résolut d'accorder le concours de la France à
l'expédition destinée à placer Maximilien d'Autriche sur
le trône du Mexique, le Régiment Étranger ne figurait pas
sur la liste du corps expéditionnaire. Il
dut
demander avec insistance
l'honneur de participer à cette campagne.
Le 7 février 1863, 2
bataillons s'embarquaient à Oran à destination de Vera
Cruz. Ils furent peu à peu rejoints par la totalité du
régiment.
Chargés d'abord de garder les
voies de communication entre la côte et Puebla, les
légionnaires furent victimes en
grand
nombre de la fièvre jaune, le
«
vomito
negro
».
La 3ème compagnie du Régiment
Étranger s'illustra tout particulièrement au combat de
Camerone – 30 avril 1863.
Ensuite, les légionnaires
remontèrent à l'intérieur du pays et participèrent à de
nombreuses colonnes. D'autres faits d'armes valurent à la
Légion la considération de tout le corps expéditionnaire,
parmi lesquels
·
Prise
d'
Oajacca
................
: 9 février
1865
·
Combat de
Santa
Isabel
....
: 1er mars
1866
En février 1867, la France
renonça à poursuivre l'aventure mexicaine, après que
l'Angleterre et l'Espagne l'aient abandonnée dans ce
projet formé en commun. Le Régiment Étranger rentra en
Algérie, ayant perdu 31 officiers et 1917 sous-officiers
et légionnaires, entre les tués au combat et les morts
suite de maladie.
La Légion
Étrangère
en France
1870-1871
En octobre 1870, deux
bataillons de Légion venant d'Algérie sont dirigés sur
Bourges.
De nombreux volontaires
étrangers demandant à servir la France, un 5ème bataillon
est formé à Tours sous les ordres du commandant Arago. Ce
bataillon se distingue particulièrement devant Orléans les
10 et 11 octobre où il perd 6 officiers dont son
commandant et les deux tiers de son effectif. Le
sous-lieutenant Kara – le futur Pierre 1er de Serbie –
fait partie de ce bataillon.
Le 9 novembre, le Régiment
Étranger prend part à la victoire de
Culmiers
et à la reprise d'Orléans.
Malheureusement, ces victoires sont sans lendemain. Le 3
décembre, il participe au combat d'Artenay et le 4ème un
assaut meurtrier à la baïonnette devant
Cercottes
.
Puis le régiment est envoyé
en janvier à l'armée de l'Est où il est engagé près de
Montbéliard, à la ferme du Mont,
Chevis
, et sous Besançon jusqu'à la
conclusion de la paix.
En juin 1871, la Légion
Étrangère regagne l'Algérie. Elle a perdu 14 officiers, 52
sous-officiers et 864 légionnaires.
La Légion
Étrangère
et les campagnes
Outre-Mer
La place qu'avait su
s'octroyer la Légion Étrangère dans l'armée française
devait lui valoir l'honneur de participer à toutes les
expéditions importantes organisées
outre-mer.
Tonkin
1883-1940
Le 7 novembre 1883, un
bataillon de Légion débarquait à
Haïphong
. Les légionnaires ne
devaient plus quitter l'Indochine jusqu'en
1956...
De 1883 à 1887, les
opérations de conquête furent jalonnées par les noms
de
Sontay
, Bac
Ninh
,
Tuyen-Quang
, Lang Son. La frontière de
Chine fut atteinte et solidement marquée par des
postes.
De 1887 à 1919, la lutte
contre les pirates - les fameux « Pavillons Noirs » - et
la pacification du pays se
poursuivirent
.
De 1920 à 1940, les travaux
d'implantation continuèrent dans un calme relatif, malgré
les troubles suscités par le parti communiste
annamite.
Formose 1885
Le 4ème bataillon du 2ème
Étranger participa aux opérations autour de
Kélung
. 5 mois lui suffirent pour
prouver sa valeur.
Soudan
1892-1893
Un sultan
cruel,
Samory
, dévastait un pays qui ne de
mandait qu'à vivre en paix. La France entreprit de
protéger les habitants incapables de se défendre
eux-mêmes.
Deux colonnes furent
organisées auxquelles la Légion participa. Malgré les
conditions géographiques et climatiques extrêmement dures,
le pays fut délivré des bandes de pillards.
Dahomey
1892-1894
Un autre tyran,
Behanzin
, faisait régner la terreur
sur ce royaume immense et menaçait les colonies françaises
voisines.
Un bataillon de Légion fut
constitué pour participer à la campagne que le colonel
Dodds allait entreprendre. Son chef, le
commandant
Faurax
, fut tué au combat
de
Dogba
.
Le colonel Dodds devait dire
plus tard l'estime en laquelle il tenait les
légionnaires :
« Sans eux, je n'aurais
jamais pu entreprendre l'expédition du Dahomey. Je n'ai
jamais eu l'honneur de commander à d'aussi admirables
soldats: on peut tout leur demander! ».
Siam
1893-1897
Constitué pour faire face à
une menace des plus sérieuses sur la frontière du Laos, le
Bataillon de Marche du Siam n'eut pas à combattre mais il
effectua d'importantes reconnaissances et de précieux
travaux topographiques dans ce pays encore
inconnu.
Madagascar
1895-1905
En 1895, à la suite de graves
incidents, la France entreprit de conquérir Madagascar. Le
Bataillon de Marche de Légion entrait à Tananarive, la
capitale, le 30 septembre 1895, terminant ainsi la
pénétration des parties importantes de la grande île. Son
action fut telle que le général
Galliéni
, appelé à réduire les
derniers centres de rébellion en 1900, demanda
« d'emmener avec lui 600 hommes de la Légion
Étrangère afin de pouvoir, le cas échéant, mourir
convenablement »... Cette seconde phase de l'époque
malgache ne fut pas moins dure ni moins glorieuse que la
première. Les régions les plus reculées de l'île furent
peu à peu pacifiées au prix de sacrifices énormes et tel
légionnaire de Ire classe se retrouva soudain promu au
rang de chef de district, un district qui avait quelque 50
kilomètres de rayon... L'œuvre des légionnaires bâtisseurs
a été retrouvée presque intacte par leurs héritiers du
Bataillon de Légion Étrangère de Madagascar,
La Légion
Étrangère
au Maroc et en
Syrie
Tandis qu'elle participait
aux guerres européennes aussi bien qu'aux expéditions
lointaines, la Légion n'en ralentissait pas pour autant
son effort dans le sud-ouest algérien.
Les premières années
du
XXeme
siècle virent les
légionnaires ouvrir puis équiper l'axe
Sefra
-
Béchar
, et pousser vers le sud en
direction des Oasis. Dès 1900, une colonne du 2eme
Étranger traversait le Grand Erg Occidental pour la
première fois. Les convois sillonnèrent peu à peu ces
étendues immenses sous la protection des fameuses
compagnies montées. Les combats de
Taghit
, de
Mazet
et surtout d'El
Moungar
marquent les étapes de la
pénétration saharienne.
Les pillards tentant de
reprendre leurs proies séculaires, il fut bientôt
nécessaire de les poursuivre au-delà des frontières
marocaines, encore mal définies d'ailleurs. Une première
colonne fut organisée en 1908 qui, après les combats
de
Menabha
, de
Beni-Ouzien
et de
Bou-Denib
, réussit à s'implanter dans
la vallée du
Haut-Guir
pour surveiller les pentes
sud de l'Atlas.
D'autre part, des événements
politiques extrêmement graves nous avaient conduit, en
1907, à occuper
Berguent
et Oujda, puis à débarquer à
Casablanca. En1914, la jonction était réalisée à Taza
entre ces deux dernières colonnes.
Ralenties par la Première
Guerre mondiale, l'occupation et la pacification du Maroc
ne prirent fin qu'en 1954. Aucune des multiples
expéditions n'eut lieu sans que la Légion n'y participe.
Durant 27 années, les 1er et 2ème Régiments Étrangers,
auxquels se joignirent en 1921 les 3ème
et 4ème R. E. I. et le 1er
R. E. C. nouvellement formés, sillonnèrent
toutes les pistes de l'Atlas ou du Rif, construisant sans
relâche des routes ou des postes. L'exploit que
réalisèrent 42 légionnaires en perçant le tunnel
du
Foum
el
Zabel
est le symbole de cette
activité pacifique autant que guerrière.
Quant aux combats héroïques,
il est impossible de les citer tant ils furent
nombreux.
Une autre page fut écrite par
2 bataillons du 4ème R. E. I. et par le 1er R. E. C. en
Syrie. De 1925 à 1926, ils livrèrent des combats épiques
contre les Druzes fanatiques. Les dernières charges de la
cavalerie traditionnelle eurent pour cadre celui là même
où s'étaient déroulées les Croisades.
Le 6eme Régiment Étranger fut
constitué, en 1936, avec les éléments encore stationnés
dans le Proche-Orient.
La Légion
Étrangère
et la grande
Guerre
La participation de la Légion
aux campagnes marocaines ne fut qu'à peine réduite par la
guerre de 1914 - 1918.
C'est que, comme en 1870, des
milliers de volontaires étrangers demandèrent à servir
dans ses rangs sur le front de France.
Encadrés par des éléments
venus d'Afrique, 4 Régiments de Marche furent constitués,
3 par le 1er Étranger, 1 par le 2ème Étranger. Ils
s'illustrèrent en
Argone
– 4ème R. M, du 1er Étranger,
Régiment Garibaldien-, en Artois – 2ème
R. M. du 1er Étranger, en
Champagne – 2ème R. M. du
1er
Étranger et
2ème R. M. du 2ème Étranger
Les effectifs ayant été
considérablement réduits tant à la suite des sacrifices
consentis sur ces divers champs de bataille qu'après le
reversement à leurs armées nationales des volontaires de
diverses nationalités alliées, un seul Régiment de Marche
de Légion Étrangère fut constitué le 11 novembre
1915.
Il devait s'illustrer
tellement jusqu'à la fin de la campagne qu'il fut
nécessaire de « créer pour lui des récompenses
nouvelles »...
·
Belloy-en-Santerre
(juillet 1916)
·
Aubérive
(avril 1917)
·
Cumières
(août 1917)
·
Hangard
(avril - mai
1918)
·
Montagne de Paris (mai
1918)
Sont les principales étapes
d'une route triomphale autant que sanglante qui devait
s'achever, en septembre 1918, par la percée de la fameuse
« Ligne Hindenburg » au nord-est de
Soissons.
Le 3ème Régiment Étranger
d'Infanterie, héritier depuis 1920 de la gloire accumulée
par le R. M. L. E., conservait le drapeau le plus décoré
de l'armée métropolitaine.
Chaque année, le 14
septembre, il célèbre la « Fête de la
Fourragère » à la mémoire de ses grands
anciens.
En plus de ces actions
d'éclat accomplies en France, un bataillon de Légion se
couvrait de gloire aux Dardanelles et en
Serbie.
La Légion
Étrangère
dans la deuxième guerre
mondiale
Après quatre années de repos
relatif, la 2ème Guerre mondiale devait à nouveau donner à
la Légion l'occasion de prou ver sa valeur autant que son
esprit d'indépendance.
Dès les premiers jours du
conflit, des milliers de volontaires étrangers affluèrent
une fois de plus pour défendre leur patrie d'adoption. Les
unités d'Afrique du Nord fournirent les cadres nécessaires
à la formation des 11ème et 12ème R.E.I. puis des 21ème,
22ème et 23ème Régiments de Marche de Volontaires
Étrangers. Trois bataillons de pionniers volontaires
étrangers furent en outre constitués.
Toutes les unités qui furent
engagées sur le front de France se montrèrent dignes de la
glorieuse tradition légionnaire. Entre autres les 11ème
R.E.I. et 22ème R.M.V.E. résistèrent jus qu'au bout à la
poussée ennemie et ne cessèrent le combat qu'après
l'armistice, toutes leurs ressources étant
épuisées.
Pendant ce temps, en Algérie,
se constituait la 13eme
Demi-Brigade
de Légion Étrangère, destinée
aux opérations de montagne. Cette dernière-née entra dans
l'histoire aussitôt à l'occasion de l'expédition
de
Narwick
. Regroupée en Angle terre
après l'armistice, elle constitua le premier noyau des
Forces Françaises Libres. Après le Cameroun,
l'
Erythrée
et la Syrie, elle se trouvait
en Libye en 1942, où l'exploit légendaire de
Bir
Hakeim
lui fit prendre place au
premier rang des unités combattantes. Peu après, à
l'
Himeimat
, elle avait la douleur de
perdre en plein combat, le colonel prince
Amilakvari
.
Elle participait ensuite à la
campagne de Tunisie, à celle d'Italie, au débarquement de
Provence et ce formidable périple s'achevait sur les bords
du Rhin.
Pendant ce temps, les unités
stationnées en Afrique du Nord constituaient le Régiment
de Marche de Légion Étrangère, héritier de celui de
1914-1918, qui, aux côtés du 1er R.E.C., s'illustrait en
Tunisie, en France et en Allemagne, forçant l'ennemi
jusque dans ses derniers repaires.
« Cette guerre a eu ses
malheurs et ses gloires, mais la Légion est restée
elle-même partout où elle est passée ».
(Général de
Gaulle)
La Légion
Étrangère
en Indochine
Formé en 1930 avec les
éléments stationnés en Extrême Orient, le 5ème Régiment
Étranger - Régiment du Tonkin - fut en grande partie
massacré par les Japonais en mars 1945 au mépris des
conventions d'armistice. Une retraite épique permit aux
rares survivants de se regrouper en Chine.
La Légion ne pouvait encore
abandonner cette Indochine qu'elle avait en partie créée.
Le 6 février 1946, le 2ème Étranger reformé
débarquait à Saigon, suivi par la 13ème D. B. L. E. et le
3ème
R.E.I
..
Le 1er R.E.C. à son tour
s'installait en Centre, Annam.
L'agitation communiste,
gagnant peu à peu tout le pays, rendit nécessaire un peu
partout l'intervention ou la présence de nos
unités.
Au sud, le 2ème R. E. I.
tient alors les itinéraires vitaux. La 13ème D. B. L. E.
dégage Saigon, le 1er R. E. C. rayonne autour
de
Tourane
tandis que le
3ème R. E. I. pousse vers la frontière
chinoise. Une compagnie parachutiste y est formée qui
donnera naissance à nos bataillons
parachutistes.
Mais la
pression
viet
s'accentue dans les alentours
du Delta, marquée entre autres par l'héroïque défense
du
Phu
Tong-Hoa
. Difficultés politiques,
nécessités stratégiques se conjuguent pour forcer les
légionnaires à multiplier leurs faits d'armes. Ils sont
présents partout, renforcés en 1950 par le nouveau 5ème R.
E. I. Il est bientôt nécessaire d'évacuer les postes de la
frontière nord. La retraite de nos forces de Cao Bang,
de
That
Khé
puis de
Lang-Son
n'est rendue possible que par
le sacrifice, sciemment consenti, du 1er B. E. P. et du
3ème R. E. I. qui, à travers la jungle, combattent
jusqu'au bout pour retarder l'avance des
Viets.
De 1951 à 1953, la situation
reste stationnaire. Au sud, c'est l'éternel travail
d'ouverture de routes, de protection de centres. La
fameuse "Rafale" poursuit son opiniâtre cheminement entre
Saigon et
Natrang
. Dans le Delta, le
dispositif se resserre mais demeure
efficace.
1953 verra s'établir en plein
centre du pays travaillé par les Viets les camps
retranchés de la plaine des jarres et de
Dien
Bien
Phu
, pour tenter de détourner du
Delta la véritable marée ennemie qui déferle. Des coups de
mains, tel celui de
Lang-Son
, sont d'autre part montés
pour détruire les centres de ravitaillement
adverses.
C'est contre
Dien
Bien
Phu
que vont s'acharner les
unités viets devenues des divisions puissamment armées.
Dans cette cuvette peu étendue, se trouvent, le colonel et
deux bataillons de la 13ème D. B. L. E., le colonel et un
bataillon du 3ème R. E. I.., le
1er B. E. P., le 2ème B. E. P., le 1er
bataillon du 2ème. R. E. I., des éléments du
5ème
R. E. I. auxquels se
joindront volontairement de forts contingents venant de
tous les autres corps.
Tous sont décidés à "faire
Camerone" ... et ils le feront. Après une héroïque défense
de 4 mois dont le dernier sera un véritable enfer de feu,
les points d'appui succombèrent l'un après l'autre. Comme
à Camerone " la masse les écrasa"...
En juillet 1954, le cessez-le
- feu intervient. Le 12 mars 1956, la dernière unité de la
Légion quittait l'Indochine, après 72 années de
sacrifices.
La Légion
Étrangère
depuis 1954
Les derniers combats
d'Indochine n'étalent pas terminés, que déjà certaines
unités de Légion Étrangère étaient engagées en Algérie. Et
quelques mois plus tard, tous les régiments se trouvaient
rassemblés sur ce territoire, accourus d'Extrême-Orient,
de Tunisie et du Maroc.
Ils y participaient
activement aux opérations de maintien de l'ordre, tantôt
dans le cadre des unités implantées, tantôt dans celui des
unités d'intervention, mais toujours avec une efficacité
qui permit à leurs chefs de les classer « au premier
rang des troupes d'élite de l'armée
française ».
En 1956, un régiment étranger
parachutiste participa à l'expédition de Suez, tandis qu'à
la même époque un détache ment allait s'implanter à
Madagascar.
Un jour combattants redoutés
de leurs adversaires sur les barrages ou dans les djebels,
et le lendemain instituteurs, infirmiers, pionniers,
appréciés des populations pauvres, les légionnaires,
attachés à la terre conquise et transformée par leurs
anciens, y donnèrent le meilleur
d'eux-mêmes.
Ils étaient plus de 20.000
répartis en 3 régiments d'infanterie
semi-motorisée
, - 2 régiments d'infanterie
portée, - 2 régiments de parachutistes, - 2 régiments de
cavalerie, - 4 compagnies sahariennes, - 1 régiment
d'instruction et de dépôt.
La
Légion
Étrangère
en 1963
La fin des opérations
d'Algérie a entraîné des modifications dans l'implantation
de la Légion Étrangère jusqu'alors stationnée en
quasi-totalité sur ce territoire.
Dans le courant de l'été
1962, le 3ème Régiment Étranger et la 13ème
Demi-Brigade
de la Légion Étrangère ont
été transférés le premier a Madagascar, la seconde à
Djibouti.
Dans le même temps, le 1er
Régiment Étranger faisait mouvement vers la métropole où
ses derniers éléments débarquaient en
novembre.
L'état-major et les services
se sont installés au camp de la Demande à Aubagne
(Bouches-du-Rhône). C'est là qu'ont été transportés le
Monument aux Morts et les souvenirs des Salles d'honneur
et du Musée. Bientôt, ils y trouveront un cadre digne de
l'ancien.
Le Groupement d'Instruction,
lui, s'est installé en Corse
a
Corte et Bonifacio où il a
repris sa mission de formation des jeunes
légionnaires.
Les 2ème, 3ème et 5ème
Régiments Étrangers, le 1er Régiment Étranger de Cavalerie
et le 2ème Régiment Étranger de Parachutistes sont
toujours en Afrique du Nord dans le cadre des Forces
Armées Françaises en Algérie.
Des changements, des
transformations se produiront encore. Les Légionnaires le
savent et s'y préparent. Ils sont prêts à assumer les
nouvelles missions qui leur seront confiées car la France
aura encore besoin d'eux.
La Légion Étrangère
a perdu au service de la France
|
|
|
OFFICIERS
|
SOUS-OFFICIERS
|
LEGIONNAIRES
|
|
ALGERIE
|
1831-1882
|
27
|
61
|
756
|
|
ESPAGNE
|
1835-1839
|
28
|
98
|
977
|
|
CRIMEE
|
1854-1855
|
25
|
32
|
387
|
|
ITALIE
|
1859
|
4
|
11
|
128
|
|
MEXIQUE
|
1863-1867
|
22
|
32
|
414
|
|
FRANCE
|
1870-1871
|
14
|
52
|
864
|
|
SUD-ORANAIS
|
1882-1907
|
8
|
46
|
601
|
|
TONKIN
|
1883-1910
|
23
|
159
|
1882
|
|
FORMOSE
|
1885
|
3
|
6
|
24
|
|
DAHOMEY
|
1892-1894
|
2
|
4
|
31
|
|
SOUDAN
|
1893-1894
|
|
|
2
|
|
MADAGASCAR
|
1895-1901
|
5
|
27
|
228
|
|
MAROC
|
1907-1914
|
5
|
21
|
299
|
|
FRANCE
|
1914-1918
|
139
|
349
|
3628
|
|
ORIENT
|
1914-1918
|
16
|
78
|
721
|
|
MAROC
|
1914-1918
|
4
|
40
|
304
|
|
TONKIN
|
1914.1940
|
1
|
5
|
49
|
|
MAROC
|
1920-1935
|
74
|
158
|
1264
|
|
SYRIE
|
1925-1927
|
2
|
6
|
37
|
|
GUERRE
|
1939.1940
|
118
|
821
|
8078
|
|
INDOCHINE
|
1945-1954
|
309
|
1082
|
9092
|
|
MADAGASCAR
|
1947-1950
|
3
|
1
|
1
|
|
TUNISIE
|
1952-1954
|
2
|
1
|
1
|
|
MAROC
|
1953-1956
|
3
|
7
|
56
|
|
ALGERIE
|
1954-1962
|
65
|
278
|
1633
|
Source Képi Blanc
Diaporama des
opérations ICI