Avant propos : il y eu en réalité 5 trains blindés durant la guerre d'Indochine, le site étant consacré à la Légion étrangère, nous parlerons uniquement du train La Rafale du 2ème REI et dans une moindre mesure de celui du 1er REC moins connu.
L'épopée du train blindée La Rafale débute en 1948, Le colonel Le Pulloc'h désireux de trouver la parade contre les incessantes attaques des trains par les viets, convoque le Capitaine Raphanaud en attente d'affectation.
Arrivé à Nha-Trang, PC du colonel, il est reçu directement. Le colonel connaissant Raphanaud, spécialiste de l'action commando et de la contre-subversion, pensant à un coup tordu chez les viets, lui dit sans ambage : j'ai une mission très délicate à vous confier. Je vous expédie à la Légion Etrangère, Raphanaud ne bronche pas mais son souhait depuis tant d'années de rejoindre les képis blancs est exausé par ses simples mots....vous allez construire un train blindé! Vous acceptez? Sans se poser de questions.Oui, mon Colonel. Vous avez carte blanche pour la construction et le choix de la main d'oeuvre pour remplir votre mission. Par un heureux hasard, l'ingénieur devant s'occuper de la construction est un ami du capitaine, en 1931 ils avaient tout deux suivi le peloton caporal au 9e zouaves. Raphanaud pour dénicher les hommes devant l'accompagner avec le train, fit le tour des garnisons et tout naturellement son choix se fixa sur les képis blancs où il savait qu'il pourrait trouver ce dont il avait besoin, sachant qu'une majorité de légionnaires étaient spécialistes dans des armées précédentes, ainsi qu'une équipe du génie de la légion étrangère. Il demanda également à avoir, à sa disposition, des partisans. Son choix se fit sur des 'Radhès, ces Moïs, guerriers farouches, vivent dans la haine du vietnamien. Il put choisir une centaine de légionnaires issus principalement du 2ème REI, entourés d'une équipe de spécialistes. Son adjoint, une légende au 2ème REI est le lieutenant Novack, prussien, colosse ( + 1,90 M) chauve qui porte en permanence un bandeau noir pour cacher son oeil de verre où monocle lors de réceptions. L'autre adjoint est le lieutenant Lehiat aussi du 2ème REI, pour compléter son équipe, il prit l'Adj-chef Parsianni breveté commando est corse.
Le 1er spécialiste légionnaire fut un caporal allemand du nom de 'Kaunitz, il expliqua que l'on pouvait utiliser les pièces d'un vieux raffiot japonais échoué sur une plage de Nha-trang comme blindage. Le caporal était un ancien officier de la Kriesgmarine. La construction des 14 wagons du futur train durera plus de 6 mois. Raphanaud et son équipe en prennnent possession le 10 novembre 1948.
La forteresse roulante est formée de deux locomotives blindées, de quatorze voitures-bunker et de deux wagons-pilotes destinés à absorber le choc des explosions de mines où obus piégés. Les huit wagons de combat sont dotés chacun, sur le toit, d'un jumelage de mitrailleuses reibel sur chariot, les parois renforcées de briques et ciment, le tout protégé par des plaques d'acier.
Chaque wagon est prévu pour 15 hommes. 2 rangées de meurtières permettent aux tireurs de repousser les tentatives d'assaut. 4 mortiers de 81 et de 60 sont en batteries aux 2 extrémités du convoi, 1 canon Bofors de 40 mm sur tourelle et 1 canon de 20 mm Flak, aussi sur tourelle, équipés d'infrarouge complètent l'armement lourd. L'équipage est doté de nombreux fusils-mitrailleurs et de tromblons VB tirant des grenades de 48. Un wagon PC, un autre infirmerie et 2 plates-formes génie chargées de matériel (rails, traverses etc) et 1 wagon cuisine-restaurant complèten cette forteresse roulante.
Elle est utilisée sur le tronçon Nha-trang / Tour-Charm, Phan-Ry et phan-Thiet soit 250 km. Son rôle principal est d'assurer l'intégrité de la voie ferrée est d'escorter les convois de matériaux, et les renforts. Le train blindé est prioritaire sur son tronçon, sa vitesse est de 25 km heure en ligne droite. Face à cette nouvelle arme stratégique , le viet est surpris. En manoeuvre de nuit, il roule au ralenti et ne s'arrete jamais pour débarquer les équipes de commandos qui attendent, les viets, en embuscade. Le lendemain matin le train récupére les équipes.
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