La version chantée lors des cérémonies  (Chant en font sonore)

Mon Dieu, Mon Dieu

Donnes-moi la tourmente

Donnes-moi la souffrance

Donne-moi l'ardeur au combat

Mon Dieu, Mon Dieu

Donnes-moi la tourmente

Donnes-moi la souffrance

Et puis l'ardeur au combat (Bis)

Ce dont les autres ne veulent pas

Ce que l'on te refuse

Donne-moi tout cela, oui tout cela

Je ne veux ni repos

Ni même la santé

 

Tout ça mon dieu

T'est assez demandé

Mais donnes-moi, mais donnes-moi

Mais donnes-moi la foi

Donnes-moi force et courage

Mais donnes-moi la foi

Pour que je sois sûr de moi

Donnes-moi la tourmente

Donnes-moi la souffrance

Donnes-moi la gloire au combat

Mon Dieu, Mon Dieu,

Donnes-moi la tourmente

Donnes-moi la souffrance

 

Le poème

Je m'adresse à vous, Mon Dieu, car vous donnez ce qu'on ne peut obtenir que de soi.

Donnez moi, Mon Dieu, ce qui vous reste, donnez moi, ce qu'on vous demande jamais.

Je ne vous demande pas le repos, ni la tranquillité, ni celle de l'âme, ni celle du corps.

Je ne vous demande pas la richesse, ni le succès, ni la santé.

Tout ça, Mon Dieu, on vous le demande tellement que vous devez plus en avoir.

Donnez moi, Mon Dieu, ce qui vous reste, donnez moi, ce que l'on vous refuse.

Je veux l'insécurité et l'inquiétude, je veux le tourment et la bagarre,

Et que vous me les donniez, Mon Dieu, définitivement.

Que je sois sûr de les avoir toujours,

Car je n'aurai pas toujours le courage de vous le demander.

Donnez moi, Mon Dieu, ce qui vous reste, donnez moi ce que les autres ne veulent pas.

Mais donnez moi le courage et la force et la foi.

André ZIRNHELD parachutiste de la France Libre, mort au Champ d'Honneur en 1942

Cette prière fut trouvée sur le corps de l’Aspirant Zirnheld, tué en juillet 42, en Libye, au cours d’un raid sur les arrières de l’ennemi. Elle avait été écrite en avril 1938, alors qu’André Zirnheld était professeur de philosophie au lycée de Tunis. Plus tard, l’Aspirant Zirnheld s’était engagé au 1° Bataillon d’infanterie de marine en Palestine, puis, envoyé à l’École d’aspirants de Brazzaville, il y fut recruté par le Capitaine Bergé qui mettait sur pied les premières compagnies SAS.
A l’origine, ce texte s’intitulait “ Prière ”, mais il fut immédiatement adopté par les parachutistes qui, d’emblée, y retrouvèrent l’écho de leur âme : ce mélange d’abnégation orgueilleuse, de doute et de fureur, de désenchantement et de foi. Le texte de l’Aspirant Zirnheld exprime en effet aussi parfaitement que possible l’esprit parachutiste. Et, près d’un demi-siècle plus tard, dans un monde et un environnement différents il n’y a rien à y changer.

Et par Saint Michel vive les Paras